Si la langue française reste un pilier de l'identité nationale, l'enseignement supérieur français s'est largement internationalisé.
Aujourd'hui, plus de 1 600 programmes sont intégralement enseignés en anglais à travers tout le territoire.
Que vous visiez un Master en finance, un diplôme d'ingénieur ou un doctorat en sciences, la barrière de la langue n'est plus un obstacle insurmontable.
1. Où trouver des formations en anglais ?
L'offre "English-taught" se répartit principalement entre trois types d'établissements.
Les Grandes Écoles de Management
C’est le secteur le plus avancé. La quasi-totalité des Masters (MSc, MBA, MiM) des écoles comme HEC, ESSEC, EDHEC ou emlyon sont dispensés exclusivement en anglais. L'objectif est de préparer les étudiants à des carrières internationales où l'anglais est la langue de travail universelle.
Les Écoles d'Ingénieurs
De nombreuses écoles (Polytechnique, CentraleSupélec, EPITA) proposent des cursus en anglais, particulièrement dans les domaines de pointe : intelligence artificielle, cybersécurité, aéronautique et énergies renouvelables.
Les Universités Publiques
Longtemps réservées aux francophones, les universités publiques proposent désormais des "International Tracks", surtout au niveau Master et Doctorat. Des universités comme Paris-Saclay, Grenoble Alpes ou l'Université de Bordeaux sont en pointe sur ces programmes scientifiques et économiques en anglais.
2. Les niveaux requis et les tests de langue
Même si vous étudiez en anglais, vous devrez prouver votre niveau lors de votre candidature sur Campus France ou directement auprès de l'école.
Le niveau visé : La majorité des établissements exigent un niveau B2 ou C1 (selon le cadre européen CECRL).
Les tests acceptés : Le TOEFL (iBT), l'IELTS et le TOEIC sont les plus courants.
L'exemption : Si vous venez d'un pays anglophone ou si vous avez effectué vos études précédentes intégralement en anglais, vous pouvez souvent obtenir une dispense de test (Certificate of Medium of Instruction).
3. Le coût des études en anglais
Contrairement à ce que l'on pourrait penser, étudier en anglais n'est pas forcément plus cher, mais cela dépend de l'établissement.
À l'Université : Les frais restent les mêmes que pour les cursus en français (droits différenciés pour les non-européens). C'est sans doute le meilleur rapport qualité-prix au monde pour un diplôme anglophone.
En École Privée : Les tarifs sont ceux du secteur privé (entre 10 000 € et 20 000 € par an).
4. La vie quotidienne : Faut-il quand même apprendre le français ?
C'est le point crucial. Étudier en anglais ne signifie pas vivre en autarcie.
L'intégration sociale : Pour faire vos courses, ouvrir un compte bancaire ou simplement vous faire des amis français, posséder les bases (niveau A2) est indispensable.
Les cours de FLE (Français Langue Étrangère) : La plupart des programmes en anglais incluent obligatoirement des heures de cours de français. C'est une opportunité en or : vous repartez avec un diplôme de haut niveau et une nouvelle langue sur votre CV.
Le marché du travail : Si vous souhaitez travailler en France après vos études, parler français sera exigé par 90 % des recruteurs, même dans des environnements internationaux.
5. Comment trouver ces formations ?
Le site officiel de Campus France propose un catalogue spécifique appelé "Programs Taught in English". Cet outil permet de filtrer les formations par domaine d'études et par niveau (Licence ou Master).
Attention : Les Licences (Bachelors) en anglais sont encore rares dans les universités publiques. Elles se trouvent majoritairement dans les écoles de commerce et de management privées.
6. Les avantages de choisir la France pour étudier en anglais
Le prestige : Obtenir un diplôme français reconnu mondialement tout en maîtrisant la langue des affaires.
L'ouverture européenne : Vous étudiez en anglais mais vous êtes au cœur de l'Europe, à quelques heures de Londres, Bruxelles ou Berlin.
La double compétence : À la sortie de vos études, vous êtes opérationnel en anglais et vous avez acquis une expérience interculturelle unique dans un pays francophone.
7. Les pièges à éviter
Vérifier l'accréditation : Assurez-vous que le diplôme anglophone est bien reconnu par l'État (Visa ou Grade de Master), car certaines écoles privées peu scrupuleuses proposent des certificats sans valeur réelle.
Anticiper le logement : Ne croyez pas que parce que l'école est internationale, elle gère tout. Les démarches pour le logement se feront souvent en français ou via des plateformes locales.
Conclusion
Oui, étudier en anglais en France est tout à fait possible et c'est même une stratégie de plus en plus payante.
C'est le compromis idéal pour ceux qui veulent bénéficier de l'excellence académique française sans passer deux ans à apprendre la langue avant de postuler.
Cependant, gardez à l'esprit que le français sera votre meilleur allié pour une intégration réussie et une vie sociale riche.